L'histoire
Jack Bohlen vit avec sa famille dans une colonie martienne. Il gagne sa vie en réparant toutes sortes d'objets et de machines. Mais il a
aussi des tendances schizophrènes. Aussi quand Arnie Kott, puissant homme d'affaire sans scrupule, et persuadé que Manfred, un enfant autiste, est capable de
voir l'avenir, lui demande de l'aider à communiquer avec l'enfant, il accepte. Mais c'est finalement les bleeks, la population martienne, qui sauront le mieux atteindre
Manfred.
Parmi les différentes oeuvres martiennes, nouvelles ou romans, de Philip K. Dick,
on explore toujours différentes facettes de la société telle qu'elle l'entoure ou qu'il la perçoit au moment de l'écriture. Dans Glissement de temps sur Mars, la colonisation de la
planète est un prétexte pour isoler une population vivant semblablement à celle d'une banlieue américaine des années 60. Mais cette lointaine implantation les coupant d'un monde terrien
dystopique, ne les protège par pour autant de leurs propres introspections face à une vie illusoirement sereine. La psychologie des personnages, amis ou ennemis, les deux parfois, leur relation
avec les indigènes, les bleeks, martiens d'origine bien plus humains que les humains eux-mêmes est poussée à son apogée grâce à l'univers décalé dans lequel Manfred vit
et d'où il ne semble pouvoir s'extraire. Un roman parfois complexe mais où le réalisme colonial martien prend tout son sens dans des décors riches de détail.
Descriptions martiennes
Canaux & canaliers : une des professions développées sur la planète. Le manque d'eau a généré des
constructions sous forme de canaux à écluses afin de pouvoir rationner l'eau arrivant directement dans les habitations, que ce soit pour le quotidien où les jardins. Seul un dixième du
réseau fonctionne. Les canaliers se déplacent dans des petits bateaux à fond plat. C'était cela la partie habitable de Mars, cette toile d'araignée
presque fertile - ces lignes qui rayonnaient, s'entrecroisaient - mais qui suffisait à peine à entretenir la vie, sans plus.
Climat : L'air froid
saturé de sable. Grosse chaleur le jour.
Colonisation : D'abord survolée par un premier vaisseau russe,
dans les années soixante, avec ses caméras pivotantes, elle est colonisée dans les années 70.
Exil : Les hommes fuient une Terre en pénurie d'eau, polluée par un smog très dense et victime de la surpopulation au point de devoir construire des habitats souterrains
Faune : [...] des insectes ressemblant à des mantes
religieuses, mais de la taille d'un âne. On appelait ces sacrées bestioles des boxeurs. Des rats des sables.
Flore : De grands camélias, qui étaient les seules fleurs transplantées sur Mars ayant pu survivre au changement de
milieu. Loin des canaux faisant office d'oasis, le silence, des collines rocheuses et désolées, quelques malheureux arbustes desséchés,
moribonds ; ce triste décor s'étendait à perte de vue.
Martiens : les bleeks ont une peau noire. Ils ne possédaient pas grand-chose - un carquois contenant des flèches empoisonnées, une peau
d'animal pour chacuns d'eux ; les femmes avaient un mortier dans lequel elles préparaient la viande ou les céréales. Ce sont avant tout des nomades. Leur formule de
salutation : Je verse des ondées sur vos précieuses personnes.
Mythologie : Certains anthropologues prétendaient que les bleeks provenaient de la même souche que l'homo sapiens, et que les deux planètes
avaient sans doute été colonisées un million d'années plus tôt par une race interplanétaire.
Organisation : Partagée en plusieurs communautés soit d'origine (israélienne, arabe...) ou de syndicats (plombiers...). Mars reste sous l'égide de l'ONU dont le quartier général
sur la planète est l'Ecole Communale. Les martiens, les bleeks, plus souvent appelés : indigènes, aborigènes ou nègres par les humains sont soit des serviteurs exploités soit des
groupuscules nomades.
Paysages : Collines rocheuses, sable, sortes d'poasis en bordure des canaux.
Religion : Les bleeks entretiennent aussi de vieilles croyances ou superstitions tel un rocher qui serait une pierre prophétique.
Ressources : peu d'eau, rationnée par les canaliers.
Technologies : radio-téléphone , tractobus, hélicoptère,
bateaux
Illustrations
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) (Côte plaisir