L'histoire :
La fusée MR-1 qui ne donnait plus aucun signe de vie vient à nouveau d'être localisée, dérivant autour de l'orbite de Mars.
Grâce à un système d'autoguidage, l'armée parvient à faire revenir sur Terre la fusée. A son bord, seul deux survivants sur les quatre dont l'un, O'Bannion, qui semble
gravement contaminé. Iris, l'autre survivante, raconte leur expédition...
Après avoir voyagé pendant plus de 47 jours, l'équipage, formé du Dr Iris Ryan (surnommée Irish), du colonel O'Bannion, du professeur
Gettel et de Sam Jacobs (avec son inséparable Cléopâtre) se pose enfin sur Mars. Les tests montrent que la vie devrait exister et les quatre
astronautes, vêtus de leur combinaison de survie, commencent à inspecter celle que l'on surnomme "Angry Red Planet". Ils découvrent de nombreux végétaux, la plupart dangereux. Ils sont tour à
tour attaqués par une plante carnivore géante, par une araignée-chauve-souris-crabe (Bat-Rat-Spider Crab) avant qu'une amibe géante ne tue l'un des leurs et emprisonne la fusée, les
empêchant de re-décoller...
(Je dois reconnaître que j'ai été très, très agréablement surprise par ce film. Faute en est de mon guide TV avec qui je suis d'ordinaire d'accord et qui, cette fois, n'affichait qu'une critique
moyenne. Comme quoi. Mais sur les conseils de Doc Mars me voici quand même
embarquée pour la coléreuse planète rouge. Et je ne saurai mieux vous dire d'en faire autant.)
Pour rappel ou en avant goût, vous pouvez visionner
le trailer sur YouTube
D'abord nous n'avons pas affaire à un film linéaire. Il y a la
découverte du vaisseau à la dérive, le rapatriement des survivants puis au gré de l'histoire racontée par le Dr Ryan, plusieurs flash-back présent-passé qui permettent de
reconstruire leurs aventures. De même, chaque sortie du vaisseau les confronte à un nouveau danger ou à la prise de conscience d'une vie intelligente.
Bien que choquée, le Dr Iris
Ryan est la seule à pouvoir expliquer ce qui s'est passé sur Mars. Les bandes enregistreuses du vol ont toutes été effacées par un fort champ magnétique.
Le premier flash-back se porte sur le voyage spatial. Décollage et occupation de l'équipage durant le vol. Si les décors de la station de contrôle sont bien rendus, on
sourira en revanche, en voyant nos astronautes assis, simplement vêtus, dans leurs petits fauteuils esquivant une légère secousse au moment du décollage avant de s'en aller jouer aux échecs
ou de lire un bon pulp (Super Fantastic).
Alors que la fusée est enfin posée sur le sol martien, c'est l'apparition au hublot d'une sorte d'insecte à trois yeux qui ramène le Dr Ryan au présent. S'ensuit une réflexion
des médecins sur la mémoire et l'inconscient suggérant l'injection d'un hypnotique pour que la femme puisse, sans refoulement, narrer la suite de l'histoire.
Cette première partie n'est pas palpitante au sens même d'action, pourtant elle reste captivante. Il y a presque un côté documentaire dans la façon de filmer le décollage et le temps passé dans
la station de contrôle est assez long pour créer une certaine tension ou tout du moins un intérêt esthétique pour toutes ces énormes machines à multiples boutons (vous savez celles qui tiennent
aujourd'hui dans mon PDA). Les dialogues techniques donnent aussi beaucoup de réalisme sans pour autant être surexploités.
Le second flash-back nous amène ainsi à la première sortie des quatre astronautes et nous permet de faire connaissance avec Cléopâtre, nom donné par son
propriétaire Sam à son fusil ultrasonique.
Et là, je dis chapeau. Rien ne me préparait aux effets
visuels remarquables qui s'ensuivirent. Effectivement, toutes les images sont montées en négatif, balancées et colorisées à l'excès en rouge et offrent une immersion
totale dans ce monde inconnu car même les décors "à plat" apparaissent illusoirement en relief. Ce procédé mis en place par les producteur et réalisateur Sidney Pink et
Ib Melchoir s'appelle le cinemagic. Il sera repris notamment pour créer des effets psychédéliques dans d'autres films. Apparaissent donc les premiers décors avec une
végétation luxuriante... mais dangereuse. Une énorme plante carnivore tente de tuer le Dr Ryan.
De retour dans la fusée, il n'y a plus de signal radio. Une couche ionisée de l'atmosphère bloque la fréquence. (voir la couche violette dans le roman de Patrick
Moore)
Deuxième sortie. Deuxième
agression. Un des plus beaux monstres jamais créés pour le cinéma (c'est personnel) entre en action. Le fameux bat-rat-spider crab (comprenez
l'araignée-chauve-souris-crabe) haut de 12m et insensible à Cléopâtre, sauf quand Sam lui tire dans les yeux, attaque O'Bannion. Plus loin,
l'équipe est stoppée par un lac. Derrière un rocher, la bête à trois yeux les observe.
De retour dans le vaisseau, et sur le conseil de Gettel, ils décident de repartir car ils ont le pressentiment d'être observés, qu'il y a malgré la faune et la flore, un silence
inhabituel qui transpire le danger. Mais un champs de force empêche la fusée de décoller.
Troisième sortie. En naviguant sur le lac avec leur bateau gonflable, ils aperçoivent avec leurs jumelles une extraordinaire ville martienne, faite de building d'au moins 800m.
Pour eux, c'est enfin la preuve d'une vie intelligente. Mais l'eau s'agite et une masse aquatique inform
e fait éruption : sorte de poulpe ou de
méduse qui les poursuit jusqu'en dehors de l'eau et jusqu'à leur fusée tuant in-extremis Sam et blessant O'Bannion. Le monstre est en fait un amibe et on le
voit digérer devant les yeux horrifiés de ses camarades le pauvre et sympathique astronaute. Puis il s'enkyste autour de la fusée afin de l'avaler de la même façon. O'Bannion et
Gettel pense pouvoir s'en débarrasser en envoyant dans la coque externe une décharge d'électricité mais c'est ce moment que choisit le martien à trois yeux pour envoyer aux
terriens un avertissement. Effrayée, le Dr Ryan s'évanouit... mais à son réveil, elle constate que la fusée a bien décollée mais que le professeur Gettel
est mort, sûrement d'une crise cardiaque, et que O'Bannion a été contaminé par l'amibe, son bras suintant d'une verte sécrétion.
Iris sort enfin de son hypnose. On lui confirme l'infection enzymique de
O'Bannion. Elle décide donc d'utiliser comme Gettel et le colonel, l'électricité pour provoquer le déplacement de l'amibe. Le dénouement
approche. Il s'avère que la toute dernière bande n'avait pas été effacée et on peut donc entendre en entier le message du martien (que je vous transcris grossièrement de mémoire + quelques notes)
:
Ils nous connaissent, nous observent depuis des siècles. Comme eux, nous sommes techniquement très évolués mais malheureusement pas assez spirituellement. Nos actes sont emplis de violence et
les martiens ne veulent pas de terriens qui viendraient tout détruire chez eux. Ils refusent donc que nous revenions sur Mars sans être invités (ceci étant le
mot de la fin).
La pire réplique : Alors que le vaisseau à la dérive est récupéré et que l'on s'apprête à aller chercher les survivants, un homme
conseille la prudence vis à vis des radiations possibles. Mais l'héroïsme n'a que faire de ce genre de détail et au général de répondre : "forget the radiation, go help those
people inside!" (oubliez les radiations, allez aider ces gens là-dedans !)
Au
final, un film vraiment intéressant, à tout point de vue. Le scénario est équilibré et même si on a l'impression d'une action monotone au départ, toute la tension augmente au fur et à mesure que
l'histoire est contée. Les effets spéciaux sont remarquables. Et évidemment on termine sur une fin et un message moralisateur et alarmiste mais néanmoins indispensable pour donner un sens à
tout le scénario et provoquer une prise de conscience. C'est rassurant, on a mis 40 ans depuis, à prendre conscience qu'on est en train de tout détruire... (enfin, nos dirigeants, parce
qu'il y a quand même des gens qui essaient de faire bouger les choses depuis des années déjà !)
Liens :
Monstrula (en allemand) : même si vous ne
lisez pas l'allemand, ce site est très riche en photos, affiches, produits dérivés du film.
DVD Savant (en anglais) : un blog qui répertorie tous les films
ayant trait à la science. Ici, vous trouverez une définition plus précise du cinemagic adapté à The Angry red planet.
Produits dérivés (en anglais)
Ajout de dernière minute
Affiche belge envoyée par Doc Mars


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